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"HOMESTUDIO" 2001 | Image d'après B. Prédine pour L'Express | |
L'autoroute de l'information met le monde à l'envers, le retourne comme un gant. Il parvient à effacer l'espace, à déstabiliser la notion de lieu et à investir le temps de caractéristiques d'inversion et de compression dont les relations d'ordre sont beaucoup plus près des cultures aborigènes que de la linéarité stricte du vieux modernisme. Nous sommes en train de créer une culture dans laquelle "l'artiste" devient un système complexe et largement distribué, dans laquelle la connaissance et la perception tant humaines qu'artificielles ont leur place, un art qui émerge d'une multiplicité d'interactions dans un espace de données. Le Web implique une forme d'interaction avec le spectateur mais c'est loin d'être une notion récente, le célèbre "Rotative plaque de verre" 1920 de Marcel Duchamp offrait déjà un exemple d'interactivité avec la participation du spectateur qui met en marche la machine optique en se tenant à un mètre de distance. Comme le cinéma est apparu comme une technologie et une esthétique, il a aussi construit sa niche culturelle. Le cinéma n'a pas trouvé sa maison dans le musée. Il a construit un autre établissement, où la notion "de l'original" était absurde (Personne ne demande si l'empreinte particulière du film que vous observez est un original ou une copie.) de la même manière, l'art en réseau forgera sa propre niche culturelle. La réalité sensible désenchantée, dupliquée éloignant chaque jour d'avantage "l'original". Cela ouvre sur le champ des possibles réels ou possibles inédits, à travers lui "la société de l'information". Toute une nouvelle poésie ose perturber le monde de l'art, c'est un changement de territoire des enjeux esthétiques de la pensée, une approche enthousiaste du temps. Nous sommes évidemment témoins de l'apparition d'un processus entraînant une conquête de territoire de réseau qui provoque des nouvelles définitions de concept et des qualités de perception par ses stratifications et les traces impliquées. Le processus est plein d'occasions poétiques d'établir un espace d'événement pour ces habitats de données non découverts, fonctionner comme "la langue de l'absent". |